Très chères amies et très chers amis du théâtre,
J’ai besoin de votre aide, et je vous écris cet e-mail pas en tant que membre du comité du TCF, ni en tant que membre de Phare, mais en simple passionné du théâtre amateur que nous pratiquons. Certain-es d’entre vous sont déjà au courant de la situation, d’autres pas, alors je vous fait un rapide résumé:
- le Conseil général de Fribourg a refusé le budget de la ville présenté par le Conseil communal en décembre dernier
- suite à ce refus, la ville de Fribourg n’a en pratique pas de budget actuellement. Cela signifie, notamment, que toute dépense non liée ne peut être engagée: ainsi, par exemple, salaires des animateurs sociaux ou des employés des crèches se sont trouvés suspendus, les pompiers n’ont pu tenir leur cérémonie annuelle de bilan, aucun soutien d’activité culturelle, sociale ou sportive de la part de la ville ne peut être décidé pour le moment
- le Conseil communal devra représenter un budget d’ici la mi-février — et des coupes sont prévisibles dans ce budget afin de pouvoir, cette fois, passer la rampe du vote du Conseil général. À nouveau,associations culturelles, sociales et sportives sont des cibles faciles pour de telles coupes.
Je résume forcément partiellement, mais si vous reprenez les articles parus dans “La Liberté” ces dernières semaines sur le sujet, vous vous ferez vous-mêmes une idée de la situation. Soyons clairs: lorsqu’il s’agit de faire des économies, éducation et culture sont toujours des domaines faciles à viser. Mais cette fois quelque-chose de très proche de nous est en péril: notre cher Théâtre de la Cité! Il a en effet été explicitement cité comme une des structures culturelles qui pourraient payer le prix des économies à trouver dans le budget (La Liberté du 20 décembre 2008).
Mais nous ne sommes pas les seuls: certain-es d’entre vous font partie d’autres associations, participent à des groupes musicaux, pratiquent des sports dans des clubs locaux, etc. Toutes ces organisations sont aussi concernées!
Laisser passer cette situation sans faire sentir notre inquiétude serait la pire erreur à commettre: si nous tenons à notre théâtre , à nos clubs et associations, le moment de le faire sentir est venu!
Un mouvement d’action conjointe contre les coupes budgétaires dans la culture, le sport et le social s’est mis en place autour de Phare et se prépare à plusieurs démarches pour défendre nos intérêts. Vous trouverez plus d’informations sur ce mouvement et son travail sur le site de Phare.
Le comité du TCF, inquiet de la situation, a déclaré le Théâtre de la Cité solidaire de cette action conjointe. Deux de ses membres (Alain Le Coultre et moi-même) ont suivi de près les discussions au sein de Phare — de très près dans mon cas, puisque je suis aussi devenu membre du comité de Phare. Je précise encore que ce mouvement d’action conjointe se veut absolument apolitique dans sa démarche: il ne s’agit pas ici de juger du bien-fondé politique ou non du vote du Conseil général, mais bel et bien de défendre nos intérêts.
En effet, bien que le budget culturel de la Ville se situe, par habitant, dans le dernier tiers des villes suisses, Fribourg fait des envieux par le foisonnement et la diversité de ses réalisations culturelles, et par la qualité internationalement reconnue de bon nombre d’entre elles! C’est toute une série d’offres et de services à la population qui risque de disparaître! Pensez à notre Théâtre de la Cité, mais aussi au Carnaval des Bolzes, au FiFF, au Nouveau Monde, au festival Ah! Le joli mois de mai, au Festival international du conte, à Fri-Art, à la Landwehr, la Spirale, Fri-Son, au Belluard et à la Bibliothèque de la ville, même à Gottéron et Olympic — directement ou indirectement, toutes ces organisations reçoivent un soutien de la ville (heures de patinoires gratuites, subsides, locaux comme dans le cas de notre théâtre, etc.). Combien d’entre elles pourraient survivre sans ce soutien?
BREF…
Voici où je veux en venir: si nous voulons avoir un véritable impact et influencer le vote des Conseillers généraux du 17 février prochain, il est essentiel de démontrer que la population de la Ville de Fribourg est aussi concernée. C’est-à-dire vous toutes et vous tous, j’espère.
Le 5 février prochain aura lieu une manifestation publique: une Marche aux flambeaux, qui partira en étoile depuis tous les endroits concernés (sièges d’associations, salles de théâtre, etc.) en direction de l’Ancienne Gare; là, à 18h30, d’autres manifestants sont invités à nous joindre et nous nous dirigeront vers la place Python. Nous y brûleront un Rababou symbolisant les coupes budgétaires hâtives que nous risquons fort de subir. Une soirée sera aussi organisée par le Nouveau Monde pour ceux qui désirent discuter ensemble après la manifestation.
Soyons clairs: une telle manifestation est un pari audacieux mais à double tranchant: si, avec une quarantaines d’organisations solidaires, nous ne réussissons qu’à réunir 400 personnes ce sera un flop monumental. C’est pourquoi notre objectif minimum est de réunir au moins 1000 personnes le jeudi 5 février!
Je prendrai part à la Marche aux flambeaux en partant depuis le Théâtre de la Cité à 18h, le 5 février prochain. J’y amènerai une dizaine de flambeaux qui seront à disposition de qui voudra bien me rejoindre– faites-moi savoir si vous comptez participer, et si vous êtes plus nombreux j’apporterai plus de flambeaux! La manifestation se veut très pacifique (il y aura aussi des enfants, car les crèches sont impliquées), donc n’ayez crainte.
J’espère ne pas y être seul. En paraphrasant un homme d’état du passé, le moment est venu de ne plus demander ce que votre théâtre peut faire pour vous, mais de vous demander ce que vous pouvez faire pour votre théâtre! Si vous désirez que nous puissions non seulement célébrer les 50 ans du TCF en 2010, mais aussi faire vivre notre salle et notre association au-delà de ce premier demi-siècle, le moment est venu de prendre position et d’exprimer notre solidarité!
Merci de votre attention. Amicalement
Serge K. Keller, FCD
Théâtre de la Cité de Fribourg
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