Un petit pas pour un homme, un bond de géant pour l’humanité

Buzz Aldrin sur la Lune, lors de la mission d'Apollo 11 en 1969

Buzz Aldrin sur la Lune, lors de la mis­sion d’Apollo 11, le 20 juil­let 1969

Douze hommes. Sur les cen­taines de mil­liards d’être humains ayant vécu ou vivant sur notre bonne Terre, seul douze hommes ont foulé le sol de la Lune.1

Douze hommes, dont neuf seule­ment sont encore vivants aujourd’hui. Vous pour­riez prob­a­ble­ment tous les inviter dans votre salon, et ils y auraient place sans trop de problèmes.

Douze hommes. Une infime goutte dans l’océan de l’humanité. Et pour­tant, quar­ante ans plus tard les évène­ments excep­tion­nels de cette nuit du 20 juil­let 1969, le pro­jet Apollo reste une des, si ce n’est la plus extra­or­di­naire entre­prise jamais accom­plie par l’espèce humaine à ce jour.

L'équipe d'Apollo 11, Buzz Aldrin, Michael Collins et Neil Armstrong, avec le Président Barack Obama à l'occasion du 40ème de l'alunissage

L’équipe d’Apollo 11, Buzz Aldrin, Michael Collins et Neil Arm­strong, avec le Prési­dent Barack Obama à l’occasion du 40ème de l’alunissage

Aujourd’hui, à l’occasion du 40ème anniver­saire du pre­mier alu­nis­sage, l’équipe d’Apollo 11 au grand com­plet, Neil Arm­strong, Buzz Aldrin et Michael Collins, ont été reçus à la Mai­son Blanche et ont ren­con­tré le 44ème Prési­dent des États-Unis, Barack Obama. Une ren­con­tre rare, qui ne se répètera prob­a­ble­ment plus: les trois astro­nautes ont désor­mais 79 ans au comp­teur et ne sont plus de prime jeunesse.

L’élan décisif pour cette aven­ture avait été donné par le 35ème Prési­dent des États-Unis, John F. Kennedy. Dans deux dis­cours célèbres, il avait donné un élan décisif dans la course à l’espace. Course où les États-Unis d’Amérique ne se trou­vaient pas en tête: ce fut en effet l’Union Sovié­tique qui avait envoyé la pre­mière un satel­lite en orbite autour de la Terre (le Sput­nik 1, en 1957), puis un homme (Yuri Gagarin, en 1961). C’est donc avec une cer­taine urgence que Kennedy lancera ce défi devant le Con­grés américain:

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=Kza-iTe2100[/youtube]

I believe that this nation should com­mit itself to achiev­ing the goal, before this decade is out, of land­ing a man on the moon and return­ing him safely to the earth. No sin­gle space project in this period will be more impres­sive to mankind, or more impor­tant for the long-range explo­ration of space; and none will be so dif­fi­cult or expen­sive to accomplish.

Plus tard, dans un dis­cours pub­lic, Kennedy lancera ces phrases inou­bli­ables et inspirantes:

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=FYb_mhiE-qU[/youtube]

We choose to go to the moon. We choose to go to the moon in this decade and do the other things, not because they are easy, but because they are hard, because that goal will serve to orga­nize and mea­sure the best of our ener­gies and skills, because that chal­lenge is one that we are will­ing to accept, one we are unwill­ing to post­pone, and one which we intend to win, and the oth­ers, too

Kennedy sera assas­s­iné en 1963. Six ans plus tard, Neil Arm­strong foulera pour la toute pre­mière fois le sol de la Lune, et lancera son his­torique “C’est un petit pas pour un homme, un bond de géant pour l’humanité”.

Nous ne sommes plus retournés sur la Lune depuis 1972. Depuis 37 ans.

Douze hommes seule­ment ont foulé le sol de la Lune, dans l’arc de trois ans. Une goutte dans un océan d’humanité, mais cela reste l’évènement le plus impor­tant de toute l’histoire de notre espèce. Pour la pre­mière fois, une espèce de notre planète a par­couru la sur­face d’un autre corps céleste (ne fût-ce que notre satel­lite) par ses pro­pres moyens et de sa pro­pre volonté.

Premiers pas sur la Lune: l'empreinte iconique de Buzz Aldrin sur la surface de notre satellite

Pre­miers pas sur la Lune: l’empreinte iconique de Buzz Aldrin sur la sur­face de notre satellite

Cet évène­ment, je le ressens comme unique et pro­fondé­ment mar­quant. Non seule­ment car il mar­que égale­ment le moment où je fut conçu; ou parce qu’aujourd’hui j’ai le même âge que ces trois courageux astro­nautes lorsqu’ils décol­lèrent au som­met de la fusée Sat­urn V le 16 juil­let 1969. Mais parce qu’il représente le tour­nant par lequel notre espèce, Homo sapi­ens, a ouvert la seule pos­si­bil­ité con­crète de survie à long terme: migrer vers d’autres planètes. Parce que, comme l’a affirmé un cher ami, il me redonne con­fi­ance en l’Homme. Parce que, en reprenant la phrase d’un astro­naute, nous ne sommes pas seule­ment allés là-haut afin de mieux regarder vers la Terre, mais afin de pou­voir un jour, peut-être, mieux regarder vers l’avenir.

Parce que c’est dans notre nature d’être là, de vouloir explorer ce qui se trouve der­rière la prochaine colline. Et parce que, même si les moti­va­tions de l’époque étaient éminem­ment poli­tiques, lorsque enfin nous nous déci­dons à accom­plir de grandes choses et que nous met­tons tout en œuvre afin d’y par­venir, nous réus­sis­sons par­fois à faire sor­tir ce qu’il y a de mieux en nous et à toucher, fût-ce de manière éphémère, au sublime.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=8il6rx-9a3c[/youtube]

by-nc
  1. Ils auraient pu être qua­torze, mais l’équipe d’Apollo 13 s’est retrou­vée bien con­tre son gré au cen­tre de la plus spec­tac­u­laire opéra­tion de sauve­tage de naufragés de l’histoire humaine []