La Serva Amorosa va bientôt atterrir

(photo: Cécile Matthey)

Serva à tour de con­trôle… Demande autori­sa­tion de décon­ner… (photo: Cécile Matthey)

C’est la toute dernière ligne droite, les toutes dernières retouches… Un coup de pinceau par ici, une vis à resser­rer par là, quelques agrafes, encore un coup d’aiguille ou de fer à repasser… Vite, vite, tout doit être prêt et à temps!

Au bout de 12 mois de tra­vail, après la con­struc­tion d’un décor de près d’une demi-tonne(1), la chasse aux innom­brables acces­soires petits et grands, la créa­tion de 11 cos­tumes “d’époque” et celle d’une ambiance habil­lant tout cela de manière déli­cate et équili­brée grâce à notre magi­cien des feux et lumières, après quelques 200 heures de répéti­tions ou même plus, la troupe est aussi prête qu’elle peut l’être.

Ne manque plus que le dernier acteur à devoir entrer en scène: vous, cher pub­lic! La troupe vous attend donc le pied ferme, l’oeil bril­lant d’émotion, le coeur badin et prime­sautier, afin de vous offrir tout ce qu’elle a dans le ven­tre et partager enfin avec vous le plaisir que nous avons eu au cours de l’année écoulée!

Quant à moi, au bout de cette cinquième mise en scène… Comme tou­jours une étrange nos­tal­gie m’étreint, un vide se fait déjà sen­tir. Mon tra­vail de met­teur en scène se ter­min­era demain soir, à l’instant pré­cis où le rideau se lèvera sur la répéti­tion générale. Mais pour les dix actri­ces et acteurs, l’aventure ne fera que commencer…

Serva à tour de con­trôle… Demande autori­sa­tion de décon­ner…(2)

La Serva Amorosa, du 27 jan­vier au 12 février 2012 au Théâtre de la Cité de Fri­bourg
Infos: http://www.tcf.ch ou http://www.laservaamorosa.ch


  1. 14 roues, 30 litres de pein­ture, 62 planches, 1 crayon à mine dure, 27 mètres de tis­sus, 38 kilos de vis, 16 aigu­illes, 2 machines à coudre, 67 litres de bière et 2 hec­tolitres et demi de café/thé au bas mot ont été néces­saires à la réal­i­sa­tion de cette aven­ture… Enfin, à peu près hein! []
  2. Dépêchez-vous de lire ce gag: c’est Coy­ote qui me l’a prêté et je dois le lui ren­dre. []

Willy Matthey (1929–2012)

“Tout finit afin que tout recom­mence, tout meurt afin que tout vive.“
Jean Henri Fabre (1823–1915), ento­mol­o­giste français

Ainsi écrivais-je, sans autres expli­ca­tions, il y a six jours dans un “statut” en ligne.

Il y a une semaine exacte­ment, le 11 jan­vier 2012, mon épouse Cécile et moi-même appre­nions le décès de son père et de mon men­tor: le pro­fesseur Willy Matthey. En tant que nat­u­ral­iste et ento­mol­o­giste, les cycles de la vie fai­saient bien sûr part inté­grante de ses nom­breux intérêts. C’est pourquoi cette cita­tion de Fabre, un savant qu’il admi­rait beau­coup, tout comme Dar­win ou Agas­siz, nous a paru adap­tée à son faire-part.

Le pro­fesseur Matthey s’est éteint pais­i­ble­ment à son domi­cile, à Fontaines (Neuchâ­tel), pen­dant son som­meil, après avoir tra­vaillé jusqu’au dernier moment avec et sur ses adorés insectes. Le fait que, bien qu’il était entré dans 83ème année, son décès nous ait tous sur­pris est un témoignage fort et reten­tis­sant de sa vital­ité et de la vigueur intel­lectuelle qui l’a accom­pa­gné jusqu’à ses derniers jours. Nous avions encore fêté Noël tous ensem­ble et, juste quelques jours aupar­a­vant, lui-même et son épouse avaient célébré leurs noces d’émeraude (40 ans de mariage).

Tout cela est bien sûr, en quelque sorte, une con­so­la­tion. Mais le vide laissé par Willy Matthey auprès de son épouse Francine, de sa fille Cécile et aussi auprès de moi-même sem­ble sans fond. Il était (que ce passé est douloureux à écrire!) véri­ta­ble­ment un per­son­nage plus grand que nature.

Les obsèques ont eu lieu lundi passé, 16 jan­vier, à Cof­frane, dans l’intimité de la famille et de quelques proches.
Con­tinue read­ing Willy Matthey (1929–2012)